La Collégiale Notre-Dames-des-Pommiers

Place Olivier Lombard
30300 Beaucaire

Site internet de la Collégiale Notre-Dames-des-Pommiers : https://ensembleparoissialdebeaucaire.wordpress.com

Eglise datant du XVIIIe siècle, la Collégiale Nord-Dame-des-Pommiers a été classée monument historique le 13 octobre 1942.

L’église Saint-Paul

Ancienne chapelle du couvent des Moines Cordeliers (ou Franciscains) établis ici depuis le milieu du XIVe siècle, l’église est une construction presque imperceptible dans le paysage urbain. L’édifice fut enchâssé dès le XVIIe siècle dans une suite de maisons bâties par les Frères Cordeliers eux-mêmes. En ce temps, la foule qui se rendait à la foire de Beaucaire était telle qu’une frénésie de la location toucha très tôt l’agglomération et les moines voulurent eux aussi profiter de cette situation.

L’église conserve l’unique décor religieux entrepris par le peintre arlésien Jacques Réattu (1760-1833). Il s’agit de  trois toiles illustrant la vie de Saint Paul : La Prédication de saint Paul, Le Baptême de Saint Paul et Le Miracle (ou La Résurrection d’Utique), œuvres néoclassiques réalisées entre 1827 et 1829.

L’abbaye de Saint-Roman

Au Ve siècle, des ermites choisirent ce site de hauteur propice à la solitude et à la méditation. De nombreux vestiges liés à la vie monastique qui s’y déroula jusqu’en 1538 sont encore visibles. La partie supérieure est en grande partie occupée par une nécropole où plus de 150 tombes furent taillées dans le rocher. Un tombeau à reliques se situe dans la chapelle troglodytique. Selon la tradition, ce tombeau renfermait un fragment de la main droite de Saint Roman, ainsi qu’un fragment du pied droit de Saint Trophime. A découvrir lors de votre visite, le siège de l’abbé daté du XIIe siècle, les cellules des moines, citernes et celliers, la salle commune et le pressoir à vin.

La chapelle Saint-Pierre-de-Rives

En 1095, la Ville de Beaucaire compte au moins trois églises : l’église Notre-Dame (actuelle Notre-Dame des Pommiers), l’église Sainte Pâques (aujourd’hui disparue) et l’église Saint Pierre de Rives ou de la Rive, adossée au rempart médiéval oriental, qui n’est cependant mentionnée que pour la première fois en 1201.

En 1951, cette chapelle à nef unique coiffée de lauses fut transformée en Bourse du Travail par un architecte de Tarascon, Marcel Guesnot. Elle prendra le nom de Salle Mirabeau. L’entrée située rue Mirabeau est datée du XVIIe siècle

La Chapelle Castrale

D’ici on aperçoit encore le soubassement d’une tour ronde qui faisait le pendant de la tour polygonale au nord et protégeait la courtine sud. Cette courtine réemploya un mur romain, vestige probable d’un temple massif comme en témoignent les voûtes en berceaux verticaux.

A l’arrière de la courtine sud, les salles et les corps d’habitation ont disparu : seule reste à peu près intacte mais fortement restaurée, la chapelle castrale Saint Louis. Nichée contre le retour du massif d’entrée sud-est, elle fut peut-être construite avant 1216, recevant plus tard sa nouvelle dédicace (Saint Louis n’est canonisé qu’en 1297). Voûtée en berceau et percée de petites baies en plein cintre, elle est dotée d’un clocher largement ajouré.

Pour mettre en valeur la chapelle, classée comme Monument Historique en 1846, la Ville réalisa, sous la conduite de l’architecte P. Renaud,  des jardins : une centaine d’arbres furent plantés, des allées tracées.

La croix couverte

Appelé autrefois l’Ouradou, l’édifice gothique abrite le socle d’une croix enlevée, vendue au début du XXe siècle et retrouvée dans les années 60. Déposée au musée archéologique de Beaucaire (musée Auguste Jacquet), on peut identifier sur l’une de ses faces les donateurs : Jean de France, duc de Berry et sa femme, Jeanne d’Armagnac, titrés par une couronne ducale. Le duc, lieutenant du roi en Languedoc, vécut trois années à Beaucaire entre 1384 et 1386.

Une légende veut que l’oratoire de style flamboyant, classé Monument Historique en 1906, ait été construit à l’emplacement d’un édifice plus humble, placé là pour commémorer le dépôt, temporaire, des restes du corps de Saint Louis, mort de la peste devant Tunis.

La digue de la Banquette

Le Rhône, axe privilégié de communication et d’échanges depuis la période pré-romaine jusqu’à la disparition de la Foire vers le milieu du XIXe siècle, est aussi un monstre menaçant contre lequel la ville a dû se protéger.

Dès 1845, grâce au Maire Alexandre Eyssette, une digue qualifiée de Boulevard insubmersible, la Banquette, est édifiée. Pour obstruer les portes, on utilise alors des traverses de bois que l’on dispose dans des encastrements. Pour éviter le ruissellement de l’eau entre les poutres, on complétait cet étaiement (batardeaux) par un apport de terre et de fumier.

Aujourd’hui encore comme dans le passé, la digue de la Banquette est le théâtre de nombreuses animations taurines traditionnelles, tels qu’  « encierro » et « abrivado » (lâchers de taureaux).

L’hôtel de ville

Pièce maîtresse de l’architecture urbaine du Grand Siècle, l’hôtel de ville a été construit entre 1679 et 1683 par l’architecte nîmois Jacques Cubizol sous la direction de l’Inspecteur des bâtiments royaux, Alexis de La Feuille.

Siège des Bureaux des Conservateurs des Privilèges de la Foire, il conserve en façade les anciens étalons de mesure utilisés avant l’invention du système métrique : la canne de Montpellier et l’aune de France. Le double soleil royal surmonté de banderoles portait autrefois la devise de la ville : « Célèbre pour sa foire, illustre par sa fidélité ».

Le décor de l’édifice a été particulièrement soigné :  l’hôtel de ville était en quelque sorte la vitrine de Beaucaire que tous les marchands venus des quatre coins d’Europe voyaient en venant retirer leurs passeports de sortie.

L’hôtel de Boschet dit « de la Préfecture »

Commandé par Pierre de Boschet, capitaine major de cavalerie, cet hôtel particulier fut achevé en 1734 par l’architecte avignonnais Jean-Baptiste Franque. La demeure porta d’abord le nom de son propriétaire, puis celui d’Hôtel de l’Intendance, puisque l’Intendant de la province du Languedoc y résidait chaque année pendant la durée de la Foire. Au XIXe siècle, le préfet ayant succédé à l’Intendant, l’hôtel devint la Préfecture et cette dénomination lui est restée. Actuellement école primaire, l’immeuble a conservé malgré de profondes modifications, des caves aménagées avec cheminée, four de boulanger, de pâtissier et puits. Ces caves servaient d’habitat épisodique en période de foire.

L’hôtel de Clausonnette

Le seigneur de Clausonne, maire perpétuel de Beaucaire, fit rénover vers 1745 une ancienne bâtisse. Les plans sont attribués à l’architecte Jean-Baptiste Franque.

L’habitation s’organise autour d’une cour intérieure à laquelle on accède par un ample vestibule couvert d’une voûte d’arêtes épannelées.

L’ornementation sculptée est limitée au portail, aux clés d’ouverture et au fronton. Les clés d’ouverture prennent la forme d’allégories des quatre saisons, encadrant une tête d’Hercule coiffée de la peau du Lion de Némée.

Le fond de la cour, où se situaient les dépendances, est doté d’une fine tourelle coiffée en pagode ou « chinoiserie ».

L’hôtel Domergue

La façade principale de l’hôtel Domergue, immeuble à loyer du XVIIIe siècle, se compose d’un rez-de-chaussée aménagé en boutiques de chaque côté du portail d’entrée, témoignant de la présence de plus en plus généralisée des commerces dans ce type d’immeuble.

Les éléments d’architecture y sont peu nombreux et traités avec simplicité, conférant au bâtiment une allure de distinction accentuée par la hauteur des étages. Le décor de la façade est constitué de clés ornées au niveau de la plupart des ouvertures (certaines des clés sont seulement épannelées) : celles du premier niveau développent le thème des quatre saisons, celles du premier étage nous montrent des puttis aux joues gonflées représentant symboliquement les vents ; au niveau du chéneau de toiture des mufles de lion assurent l’écoulement des eaux pluviales.

L’hôtel de Fermineau

Cet hôtel particulier (daté de 1594) comporte une façade sur rue encore richement décorée dans le goût de la Renaissance..

Au XVIIe siècle  la ville de Beaucaire fait appel à la congrégation des Ursulines de Montélimar pour l’instruction de ses jeunes filles. Les religieuses acquièrent l’hôtel de Fermineau en 1644, puis petit à petit les maisons voisines pour y établir un pensionnat. L’ensemble des bâtiments est divisé en trois parties distinctes séparées par des rues. Afin de circuler à l’abri des regards, les religieuses obtinrent le droit de construire deux arceaux au-dessus de la rue baptisée « rue Arceau de l’avenir ». Un seul arceau a survécu aux différentes campagnes de travaux ; l’église a disparu. L’hôtel de Fermineau reste le principal vestige de ces 160 ans de présence des Ursulines à Beaucaire.

L’hôtel de Linage

A partir de 1728, Pierre de Linage, contrôleur du grenier à sel de Beaucaire, acquiert un ensemble de maisons à l’angle des rues Baudin et du Rhône. Il confie la réalisation d’un nouvel immeuble, au même emplacement, à Jean-Baptiste Franque. La construction effective de cette demeure n’intervient pas avant fin 1742. L’entrée principale (ou porte carossière) se trouve au midi, dans la rue du Rhône. Le chiffre de Linage (deux «L » entrelacés) figure encore dans la ferronnerie du balcon sur la façade occidentale de l’hôtel. Comme beaucoup d’hôtels particuliers du XVIIIe siècle à Beaucaire, celui-ci conserve au rez-de-chaussée, des clés ornées de têtes représentant les quatre saisons.

L’hôtel de Margallier

Vers 1675, Jean-Baptiste Arnaud de Margallier confie la construction de cette demeure au maître maçon Antoine Camartin. Le Père Clément est l’auteur présumé du décor de la façade.

Le portail d’entrée, avec son relief marqué, symbolise le haut rang du propriétaire. Ample, il est flanqué d’atlantes qui supportent le balcon. Les clés de toutes les ouvertures sont ornées, les encadrements moulurés. Les quatre cartouches du premier étage comportent, entrelacées, les initiales du propriétaire, JBAM.

Les larges arcatures du rez-de-chaussée donnent sur des espaces voûtés, autant de boutiques et d’entrepôts loués au moment de la foire dans cette ancienne rue de la Draperie. L’étage noble comporte de hautes fenêtres rectangulaires éclairant les salles de réception, tandis que le second étage, le niveau d’attique, est percé de fenêtres aux proportions plus réduites.

L’hôtel de Roys de Lédignan

L’hôtel de Roys de Lédignan doit son nom à une ancienne famille de Beaucaire dont les membres occupèrent plusieurs fois la charge de Consul.

La façade à bossage chanfreiné est dans le goût italianisant de la première moitié du XVIIe siècle. La porte cochère, surmontée d’une tête d’Hercule, s’ouvre sur un vaste espace voûté et sur la cage d’escalier à volées parallèles.

Malgré les aménagements successifs qui ont profondément bouleversé la distribution intérieure, nous retrouvons l’enfilade de pièces typiques du XVIIe siècle. Certaines parties ont conservé les caractéristiques des intérieurs du XVIIIe siècle, alternant des salons de forme ovale, circulaire ou à pans coupés.

L’hôtel Dulong

Maison bourgeoise du début du XVIe siècle dans l’ancienne rue des Couvertes, l’hôtel Dulong révèle en façade les différentes reprises de constructions. Des baies géminées et des fenêtres à meneaux obstrués datent respectivement des XIVe et XVIe siècles tandis que les ouvertures actuelles furent percées dans le courant du XVIIe siècle.

La cour intérieure est surplombée d’une tour couronnée de gargouilles et percée de fenêtres à larmier qui abrite un escalier en vis.

Le nom de «rue des Couvertes »  (actuelle rue Barbès) évoque l’installation dans ce quartier des marchands de laine brute pendant la grande foire de juillet.

Hôtellerie du Luxembourg

Sur les vestiges des anciens remparts et dans le prolongement de l’ancienne porte de Beauregard qui reliait la vieille place de la ville aux aménagements portuaires, un vaste bâtiment du début du XIXe siècle étale son élégante façade. Deux avant-corps soulignés de refends à bossage encadrent une terrasse centrale au premier étage. Le rez-de-chaussée est percé d’arcades en plein cintre. La foire de la Madeleine est encore le moment d’une intense activité et la location de boutiques et d’entrepôts représente pour les habitants de Beaucaire une considérable source de revenus. Pour un moment seulement, car bientôt l’arrivée du chemin de fer sera l’une des causes de l’évanescence du grand marché de juillet.

Le collège des doctrinaires

Au Moyen-Age, et jusqu’au XVIe siècle, l’enseignement à Beaucaire relève des Bénédictins. En 1620, la ville veut s’équiper d’un collège afin d’apprendre aux beaucairois le latin et la religion. Elle en confie la construction et le gouvernement aux Révérends Pères de la Doctrine Chrétienne. En 1675, le collège est bâti dans l’ancienne gâche de l’hôpital. La Révolution va évidemment perturber cet enseignement religieux : pendant la Terreur de 1793, les enseignants sont arrêtés à Nîmes et guillotinés ; le collège est vendu comme bien national. Au XIXe siècle, la chapelle brûla lors d’un incendie et la nef centrale s’écroula. Aujourd’hui aménagée en patio, cette partie du bâtiment conserve cartouches et angelots du XVIIe siècle. Côté rue Nationale, au-dessus de la porte d’entrée, on peut encore voir sur le large linteau, un mascaron figurant Hercule coiffé de la peau du lion de Némée et une inscription : « Collegium Bellocarens, 1676 ».

Le projet Grangent

En 1809, l’ingénieur Grangent entreprend de faire du Canal  « l’axe de symétrie » de la ville. Des galeries d’arcades encadrent le plan d’eau et les maisons existantes sont re-façadées pour produire une unité. Deux cours plantés de platanes et délimités de fontaines se font face au milieu de cette composition.

Les arcades au sud-ouest de la ville composaient autrefois la façade d’un immeuble dévolu à l’Administration du Canal de navigation.

La frise romane

La frise provient d’un édifice roman qui se situait à l’emplacement de l’actuelle église Notre-Dame des Pommiers, construite entre 1734 et 1744. Elle est composée de 20 panneaux de 90 centimètres de haut ; onze scènes tirées du thème de la Passion se développent sur une longueur de 13,70 mètres.

De gauche à droite on peut identifier :

l’annonce du reniement de saint Pierre ;

le lavement des pieds ;

la Cène ;

Saint Pierre coupant l’oreille à Malchus ;

Jésus appelé devant Caïphe ;

le baiser de Judas ;

la condamnation de Jésus par Ponce Pilate ;

la flagellation ;

le portement de croix ;

la visite au tombeau ;

l’achat des parfums.

Tous les tableaux sculptés sont la réplique, dans un style plus rustique, de la frise de la grande façade de l’abbatiale de Saint-Gilles.

Le Souper de Beaucaire (rue Adolphe Méric)

Le passage de Bonaparte au moment de la foire de Beaucaire en 1793, est connu par une brochure intitulée : « Le souper de Beaucaire », publiée chez Sabin Tournal, imprimeur du Courrier d’Avignon. Ce recueil relate un impétueux échange d’arguments politiques qui eut lieu le 28 juillet 1793, dernier jour de la foire de la Madeleine de Beaucaire.

Le soir arrivant, Bonaparte se rendit à l’Hôtel le Cheval Blanc, au numéro 11 de la rue Salengro, avec une petite entrée dans l’actuelle rue Méric. Le hasard fit alors se rencontrer à l’une des tables de l’auberge, le jeune Bonaparte, alors capitaine et chargé de surveiller les côtes méditerranéennes (le Midi est alors en partie en rébellion contre le Convention), et trois négociants, l’un marseillais, l’autre nîmois, le troisième de Montpellier. Le repas dura jusqu’à minuit, le marseillais en première ligne pour défendre le fédéralisme, le capitaine exposant ses théories sur la légalité républicaine.

Ce fameux repas inspira notamment le peintre Lecomte de Nouy, qui produisit en 1894 une scène du souper de Beaucaire. En 1965, le Syndicat d’Initiative de Beaucaire fit apposer une plaque en bas-relief sur la maison rue Adolphe Méric, dans laquelle la tradition veut que Bonaparte ait séjourné en 1793. Œuvre du sculpteur Camille Soccorsi, cette plaque représente Bonaparte, le personnage principal, debout et coiffé du bicorne, tel que le portaient les soldats de l’époque. Les convives sont vêtus à la mode du temps, avec le jabot à la « Robespierre » ou le collet à la « Danton ». La servante porte le traditionnel fichu et la coiffe beaucairoise. Bien que l’on soit au mois de juillet, le feu brûle dans la cheminée : à l’époque, il n’y a que de cette façon que l’on puisse cuire les aliments.

La voie domitienne

Dans l’antiquité, Beaucaire (Ugernum) est une étape sur la grande route d’Italie en Espagne, la Via Domitia, du nom de son créateur, le proconsul Cneus Domitius Ahenobarbus . La voie relie Nemausus-Nîmes, chef lieu de cité à Ugernum, distantes toutes deux de quinze milles. Tous les milles pas romains (1 500 mètres environ), des bornes sont implantées  pour guider les voyageurs. On les appelle bornes milliaires : elles portent le plus souvent les titres de l’empereur qui a fait réparer la route. Entre Beaucaire et Nîmes, la voie domitienne a livré à ce jour 39 bornes ou fragments de bornes.

L’examen du cadastre permet de repérer  la voie antique dans la voirie moderne et de proposer un tracé à partir de la place de la République vers la rue des Bijoutiers, se prolongeant par les rues Emile Jamais puis de la Solidarité, avant de rejoindre l’actuel Chemin des Romains.

La chapelle Notre-Dame de Vie

Le sanctuaire primitif

Autrefois construit sur un arceau enjambant l’actuelle rue Nationale, sa démolition fut demandée par la Garde bourgeoise dès 1595 pour des raisons d’ordre défensif. Cependant, cette destruction à laquelle s’opposait la piété des habitants fut différée jusqu’en 1774.

L’accès à la chapelle primitive, qui était à la hauteur d’un premier étage, se faisait par un escalier extérieur situé à l’est et plaqué contre la muraille de la maison voisine. Cette situation a, sans doute, donné son nom à la chapelle : Baeta Maria de Via, soit Notre Dame de la Voie. Le nom définitif, Notre Dame de Vie provient d’une traduction erronée du mot Via.

La chapelle du XVIIIe siècle

Les travaux durèrent un peu plus d’un an. En effet, la délibération du Conseil du 27 février 1774 souligne que l’arc « gêne l’écoulement des eaux… les voitures peuvent à peine y passer ». La chapelle est donc détruite en 1774 et reconstruite non loin de là, à son emplacement actuel, par le maître maçon Etienne DUSSAUD sous la direction du sieur Delisle, Directeur des Travaux de la Province et sur des plans attribués à l’architecte Grangent.

L’inauguration eu lieu le 8 avril 1775 avec la bénédiction du doyen du chapitre collégial de Beaucaire, Jean Baptiste Privat, en présence des officiers municipaux et des recteurs de la Confrérie de Notre Dame de Vie.

La Confrérie de Notre Dame de Vie avait des obligations définies dans des statuts datés de 1651 : apprendre le catéchisme aux ignorants, visiter les confrères malades, leur procurer les derniers sacrements constituaient quelques uns des engagements des prieurs. Les Confrères faisaient célébrer une messe, des vêpres, prononcer des sermons le jour de la fête de l’Immaculée Conception.

L’utilisation du bâtiment comme chapelle de congrégation a dû cesser aux environs de 1925.

Plan et dimensions

La chapelle est construite sur un plan trapézoïdal sur des dimensions relativement modestes :

11, 53 m long pour le plus grand côté ;

7, 25 m de largeur moyenne ;

10 m de haut à la voûte.

L’intérieur de la chapelle, un décor de boiseries

Le sol de la chapelle, primitivement dallé et surélevé de trois marches par rapport à la chaussée,  est recouvert aux deux tiers environ d’une mosaïque polychrome portant bien en évidence la date de sa réalisation « 1896 ». Le dernier tiers surélevé d’un degré par rapport à la mosaïque est constitué d’un pavement en damier, noir et blanc, la marche galbée qui le délimite étant en marbre rouge.

Les parois sont revêtues jusqu’à une hauteur de 4,60 m de boiseries qui occupent la majeure partie de la surface murale, sauf sous la tribune.

Un retable occupe toute la largeur de la chapelle. Entièrement doré à la feuille, il est constitué d’un assemblage de panneaux qui visiblement correspondent à une réutilisation. Certains paraissent être des fragments de panneaux plus importants et la partie centrale a été découpée pour ménager une place à l’autel daté de 1899. Deux encadrements destinés à recevoir des tableaux et qui se trouvent de part et d’autre de cette partie centrale détruite ont même été amputer chacun d’un de leurs angles afin de laisser la place au dit autel. Ces encadrements sont surmontés d’un cartouche soutenu par deux angelots et portant les inscriptions « Ave Maria » pour celui de droite et « Mater Ancillia » pour celui de gauche.

La décoration des divers panneaux se compose essentiellement de motifs floraux stylisés, des treillages semés de petites fleurs à quatre pétales en relief et des rinceaux. La partie basse comprend notamment deux panneaux à encadrement mouluré présentant des « trophées » à sujet religieux (croix, calice, candélabre). Enfin deux portes traitées de la même manière que l’ensemble complètent le retable : celle de gauche est un simple trompe-l’œil, celle de droite donne dans un étroit réduit ménagé entre le mur du fond et la paroi du retable et dans lequel on trouve un placard, divers objets de culte et l’emplacement d’une fontaine murale ce qui laisse à penser que cet espace exigu a été utilisé comme sacristie.

Le retable est couronné par une corniche ornée de denticules, qui surmonte également les boiseries des murs latéraux.

Ces boiseries ont par ailleurs un aspect bien différent de celui du retable. Elles sont constituées de panneaux encadrés de pilastres à chapiteaux ioniques surmontant eux-mêmes un haut soubassement. Les panneaux étaient occupés à l’origine par des toiles qui se sont révélées être des fragments de toiles découpées plus grandes (non conservées).

Les pilastres ont été peinturlurés, vraisemblablement au XIXe siècle, afin de leur conférer l’aspect du marbre polychrome, recouvrant ainsi un décor gravé et doré suivant la même technique que le retable. Six de ces pilastres portent à mi-hauteur un médaillon circulaire où figurent des têtes humaines en profil gravées et dorées à l’origine. Quatre d’entre eux sont laurés, le cinquième porte une longue chevelure et le dernier est un soleil.

Un arc en anse de panier, également doré, avec pour clef une tête humaine, se trouve au-dessus d’un arc en plein cintre pratiqué dans l’épaisseur du mur à droite de l’entrée. Cet élément n’est pas à sa place et se trouve là en réutilisation manifeste. Il a d’ailleurs été scié pour permettre le passage de la poutre qui soutient la tribune. Cette dernière qui surplombe l’entrée à 2,50 m de largeur, est accessible par un escalier en bois qui débouche à gauche de l’entrée.

L’éclairage de la nef est assuré par deux fenêtres de façade au Nord. Deux fenêtres munies de vitraux à motifs géométriques, ouvertes dans le mur ouest au-dessus des boiseries, paraissent récentes. En dehors de la partie située au-dessus du retable, le reste des murailles est aveugle et sans ornement. La partie au-dessus du retable est ornée d’une fresque représentant la Vierge entourée d’anges qui vient d’être magnifiquement restaurée.

Une statue de la Vierge à l’Enfant 

Dédiée à la Vierge, la chapelle comporte en façade une statue de la Sainte logée dans une niche. La sculpture actuelle est vraisemblablement une restitution post-révolutionnaire, tant la taille et le style sont peu en rapport avec les dimensions de la niche.